Dimanche 7 octobre 2007

Et tes mots posés là
Et mes maux dans tes bras
Et ses eaux qui reviennent
Ta peau terre de Sienne
C’était beau sur tes pas
Les bateaux en ciseaux
Qui l’emportent tout là-bas

Les marmots qui sont là
Dans le creux de nos bras
Et ces vœux qu’on fait pas
Nos yeux rêvent tout bas
C’est si beau quand t’es là
Et ton sein s’emplit d’eaux
Quand t’accroches à mon mât

Et tes mains posées là
Nos demains dans les draps
Le matin qui l’enseigne
Et ma peau qui le saigne
C’est peut-être pas ça
Des sornettes qu’on croit
Et ton corps qui se ploie

Un tableau sans peinture
Les ratures
Sur l’autel des maux
Les rameaux
En suture
Et le cœur en travaux

Las des blessures
Des temps falots
Et l’halo des armures
Qui en sève sans cerveau
Nous murmure très haut

Et tes mots laissés là
C’était juste le vent
Le besoin de tempête
Et la mer en allants
Une envie d’illusion
A nos yeux sans soleil
C’était juste le temps
De nos mains qui se guettent
Pour l’orgie de passion
Une idée que l’on jette
A l’hôtel des raisons
C’était juste un instant
Le temps d’une merveille
Que l’on veille mais qui n’attend…
Dimanche 7 octobre 2007

Ecrire. T’écrire. Lui écrire… Encore… Comme si notre vie en dépendait. Comme si on y croyait. Comme si la vie sans cette littérature de deux sous ne pouvait exister. Ecrire même quand tu es saoul. Quand tu es seul… Et saoul. Faire rimer quelques mots, inventer une mélodie à la face du monde qui s’en fout.

J’ai tellement de mots bloqués en dedans. J’ai tellement de mots un peu fous. Tu vois, je ne sais pas vraiment si je pourrais dire un jour nouveau, à nouveau « nous ». Est-ce toi qui fais la moue, est-ce moi qui ne sais plus sourire que dans le dégoût ? Est-ce un tout ?

J’ai la mémoire un peu folle qui me rappelle ce bébé plein de formol. Cet enfant qui a vécu le temps d’un été, à peine… Avant de mourir dans ton ventre asphyxié… Ca manquait d’air, de perspective… Ca sentait la misère et l’esquive…

Où es-tu maintenant, où l’as-tu enterré ? D’aussi loin que je me souvienne, tu n’avais pas de terre, que la couleur, celle de sienne.

Ecrire, mourir… Pour oublier de vivre… Pour passer le temps… Oublier qu’un temps, tu as rêvé de ça… Et maintenant… Que les mois ont passé, que tu as presque l’idée… De recommencer à vivre… De l’entourer de tes bras et de l’aimer… Ecrire n’existe pas si ce n’est pour soulever le voile des années, des images qu’on ne veut plus, qu’on ne veut pas…

http://lettresdurien.blogspot.com/
Jeudi 27 septembre 2007
A marcher sur cette terre
La tête en procession
Et le cœur en misère
Je suis allé au cimetière
Où l’on enterre les fées
Les berceaux des illusions
Des fois qu’elle serait passée

Je sais bien qu’elle t’aime
Même si elle n’est pas venue
Ni même fait déposer
Un bouquet de chrysanthèmes
Sur la pierre inventée
Dont on ne se souvient plus

Faut pas lui en vouloir
Ni même la juger
Quand on rime au hasard
Il faut bien jeter les dés
Les recouvrir de fard
Fermer les paupières
Surtout bien l’enterrer

Si ça n’aide pas la misère
Faut bien l’abandonner
L’on n’est pas père
Comme l’on naît mère
Et surtout en été
Sur l’autel d’un serment
Qu’on n’a jamais prêté

Ca sert à quoi de pleurer
Une idée, un enfant
Si ce n’est de prouver
Qu’on arrache bien les ailes des fées

http://lettresdurien.blogspot.com/2007/09/on-arrache-bien-les-ailes-des-fes.html
Mardi 28 août 2007

 

Et si on oubliait l'été


Un bourgeon qui s'efface
Sur la trace d'une illusion
Une maison pleine de strass
Et la glace de nos raisons

Il n'y a plus de trace
Ni même de saison
De jonquille sur ta place
Pour lasser l'effusion

Qu'importe que j'emplisse
Alors tes alluvions
que je te pousse un lys
En mal d'émotion

Si les morts s'entassent
Au rythme de ces rêves
Qu'aux beaux jours on enlace
Que la nuit nous enlève

Y des fois un peu trop de lumière
Qu'on pourrait se croire l'été
Alors si fois l'on pouvait se refaire
Se défaire des étoiles pleurées

Les sourires d'hier
Qu'on croyait envolés
Reviendront sur nos terres
En nos yeux déposés


http://lettresdurien.blogspot.com/2007/08/et-si-on-oubliait-lt.html
Lundi 6 août 2007

...

Et je n'oublierai jamais ce que je ne t'ai pas dit... C'est sûrement un adieu plus qu'un revoir... J'ai passé tant de nuits à me laisser hanter par ce qu'il restait, parce que t'avais fait du bruit, par ici... Je ne sais toujours pas pourquoi, tout ceci... Je ne sais toujours pas comment je ne te déteste pas, malgré cette amertume qui s'accroche à ma langue, à ma plume...

Qu'importe l'avenir, qu'importe si je ne te revois plus jamais. C'est que j'aurais aimé que l'histoire s'écrive autrement. Que j'aurais aimé qu'on ait eu le temps d'apprendre à être un tout petit peu grands... Mais faut croire... Faut... Je ne sais pas... Il n'y a pas de fatalité que des gens en déroute, que des routes et pas de plan...

Je n'oublierai jamais ce que tu ne m'a pas donné, ce que je n'ai pas su t'offrir... Qu'importe si l'on ne sait toujours pas quoi, aujourd'hui... Peut-être un peu... Quand même... Des fois...

Ce soir, j'écris parce que je suis à la croisée des chemins, piégé dans mes impasses... Impair ou passe... Je n'oublierai jamais ce que je ne t'ai pas dit... Mes mots n'y auraient pas suffi et mes idées ne seront jamais d'ici...

1 août 2007, la nuit.

Jeudi 26 juillet 2007

Je veux plus rien laisser de côté... Surtout pas toi. On pourra toujours essayer de trouver une raison du comment du pourquoi... On pourra toujours s'essayer à expliquer... Mais des fois, ne faut-il pas en rester là ? Essayer de toucher le bonheur qui rayonne dans tes yeux... On a tellement voulu parfois que l'on s'est fourvoyé. On a trop cherché à ce que la saison reste en été... On a tellement voulu croire à tous ces contes de fées... Que parfois, ne vaut-il pas mieux laisser tomber ? Je dis pas ça parce que je suis désespéré... Non... Justement, si tu savais combien de fois, j'ai retourné les mots, les gestes et les moues... Et je t'avoue que je n'ai rien remonté... Je n'ai rien réglé... On ne repeint pas ce qui c'est passé... On a le droit de le pleurer... Mais on se doit de ne pas regretter... Non... Il ne faut pas...

Car il y d'autres gens, d'autres opportunités sur lesquelles trébucher... Je regarde de nouveau cette photo comme le tableau d'un futur que je passe mon temps à regretter... De l'autre côté du miroir, c'est une autre histoire et le même trottoir où l'on se prend les pieds... C'est pas la même impasse, mais la même résignation pleine d'espoir et de guerre lasse....

Je regarde l'image... Elle a du vent dans ses cheveux et ce sourire qu'elle accroche aux lèvres de ses têtes blondes... C'est sûr... Elle a dû faire un voeu.

3 juillet, une heure du matin...
Dimanche 22 juillet 2007

On n'en sait rien

Comme une nuit qui se couche trop tard,
Comme un soleil qui se lève trop tôt,
Comme les cordes d'une guitare
Qui s'emmêleraient à nos pinceau ;
C'est l'air vif du grand large
Qu'accroche du sel à nos hublots,
Comme un marin avec sa barge
Prendrait la mer dans son rafiot ;

C'est comme ça tous les matins ;
Ca sent l'été quand vient le soir ;
N'en reste rien, c'est du grand art,
Quand vient la brume où trainent les chiens
Ca sonne un peu comme ces chagrins
Qui s'en retournent au coin du feu,
Toutes ces rimes qui ne riment à rien,
Comme cette chanson de nous deux ;

Face au soleil qui ne sert à rien,
A cette nuit qui ne sert qu'à boire,
On dessinera sur le velin,
Derrière le trait, juste pour voir,
Des points de couleurs, même au fusain,
Ca ne servira peut-être à rien,
Ca rallumera peut-être l'espoir...

Et peut-être bien que demain sur le fil de nos voeux
On pourra tendre les mains au ciel
Peut-être même nos yeux
Samedi 14 juillet 2007
Si les maisons n'ont plus de porte
Si les chambres n'ont de fenêtre
C'est l'envie d'un ailleurs
Qui se laisse disparaître

Si les loups, les cohortes
Si les morsures cessent d'être
C'est tes yeux enjôleurs
Aux miens qui s'empêtrent

Si les mains les câlins
Et nos fleurs un peu mortes
C'est que notre soleil incertain
Au crépuscule s'emporte

Il n'y a qu'une douceur qu'on avorte
Quand cette heure tardive
Vient frapper à notre porte
Pour raviver une mer un peu trop forte

Et c'est la route qui s'impasse
Qui regarde ses cartes et passe
Elle croit aux carrefours
Et qu'elle n'a plus de place

Si tes lucarnes sont mouillées
Si nos dés sont pipés
C'est l'opportunité qui trépasse
Et cet espoir de grand soir
Qui se lasse
Samedi 23 juin 2007

Parce que

Parce que des falaises
Ne tombera plus rien
Plus d'illusions niaises
Plus de réveils câlins

Parce que nos paupières
Ne se refermeront plus
Sur la promesse mystère
Qui n'éclaire que confus

Parce qu'à nos mains griffées
Du rose couleur déçue
C'est le bleu étalé
Qui nuancent nos culs

Parc'que la vie de si
Est morte un beau matin
Elle se croyait ici
Elle se rêvait demain

Et noyée de whisky
Peinturlurée d'vodka
Elle a crevé l'envie
Et ranimé les rats

Les anges suicidées
Ont sauté d'ici bas
Leurs ailes envolées
Leur ont brisé leurs bras

Les cigognes trop tôt
Auront raison des rêves
D'une maison de mots
D'une idée qui se lève

La mort à l'estomac
D'une poupée qui crève
Son vagin débarras
Du mensonge à ses lèvres
Jeudi 14 juin 2007

A ces instants fragiles.....



Au clavier dont on effleure les touches
Aux larmes qui affleurent avant qu'elle ne se couche
Cette lumière, cette étoile que tu noies
A coups de prières, à coups de caramel-vodka,

A ces instants fragiles qui lorgnent à l'horizon
De tes mains agiles... Qui ne touchent jamais rien
Ce sont les étoiles dans tes yeux prisons
Qui crient dans le néant... la lueur de demain...

Des deux mains... nouées... enlacées... Comme de rien
Quand à tes mots sans glace...
C'est la mélancolie tristesse qui m'embrasse...
Doit-on dire les mots que l'on sait que trop bien...

Sur la frontière dont on ne doit jamais
Franchir le pas
A toutes ces guerres que nous ne nous ferons pas...
C'est la nuit, la distance qui nous font vrais...

Au clavier, que l'on joue
Comme si c'était un piano...
On se doit à nos envies, d'être fous
De pousser plus loin, d'aller au bout
De faire comme il fallait, comme il faut....

Je ne dirai pas ce que le vent ramène
Dans le tourbillon qui l'enseigne
L'alcool est de saison
Quand elle paraît si loin, cette maison
Et je fermerai tes paupières
J'éteindrai la flamme de tes yeux
Pour qu'elle brûle à ton enfer
Qui te rime bien mieux

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