Et mes maux dans tes bras
Et ses eaux qui reviennent
Ta peau terre de Sienne
C’était beau sur tes pas
Les bateaux en ciseaux
Qui l’emportent tout là-bas
Les marmots qui sont là
Dans le creux de nos bras
Et ces vœux qu’on fait pas
Nos yeux rêvent tout bas
C’est si beau quand t’es là
Et ton sein s’emplit d’eaux
Quand t’accroches à mon mât
Et tes mains posées là
Nos demains dans les draps
Le matin qui l’enseigne
Et ma peau qui le saigne
C’est peut-être pas ça
Des sornettes qu’on croit
Et ton corps qui se ploie
Un tableau sans peinture
Les ratures
Sur l’autel des maux
Les rameaux
En suture
Et le cœur en travaux
Las des blessures
Des temps falots
Et l’halo des armures
Qui en sève sans cerveau
Nous murmure très haut
Et tes mots laissés là
C’était juste le vent
Le besoin de tempête
Et la mer en allants
Une envie d’illusion
A nos yeux sans soleil
C’était juste le temps
De nos mains qui se guettent
Pour l’orgie de passion
Une idée que l’on jette
A l’hôtel des raisons
C’était juste un instant
Le temps d’une merveille
Que l’on veille mais qui n’attend…
Ecrire. T’écrire. Lui écrire… Encore… Comme si notre vie en dépendait. Comme si on y croyait. Comme si la vie sans cette littérature de deux sous ne pouvait exister. Ecrire même quand tu es saoul. Quand tu es seul… Et saoul. Faire rimer quelques mots, inventer une mélodie à la face du monde qui s’en fout.
J’ai tellement de mots bloqués en dedans. J’ai tellement de mots un peu fous. Tu vois, je ne sais pas vraiment si je pourrais dire un jour nouveau, à nouveau « nous ». Est-ce toi qui fais la moue, est-ce moi qui ne sais plus sourire que dans le dégoût ? Est-ce un tout ?
J’ai la mémoire un peu folle qui me rappelle ce bébé plein de formol. Cet enfant qui a vécu le temps d’un été, à peine… Avant de mourir dans ton ventre asphyxié… Ca manquait d’air, de perspective… Ca sentait la misère et l’esquive…
Où es-tu maintenant, où l’as-tu enterré ? D’aussi loin que je me souvienne, tu n’avais pas de terre, que la couleur, celle de sienne.
Ecrire, mourir… Pour oublier de vivre… Pour passer le temps… Oublier qu’un temps, tu as rêvé de ça… Et maintenant… Que les mois ont passé, que tu as presque l’idée… De recommencer à vivre… De l’entourer de tes bras et de l’aimer… Ecrire n’existe pas si ce n’est pour soulever le voile des années, des images qu’on ne veut plus, qu’on ne veut pas…
http://lettresdurien.blogspot.com/
La tête en procession
Et le cœur en misère
Je suis allé au cimetière
Où l’on enterre les fées
Les berceaux des illusions
Des fois qu’elle serait passée
Je sais bien qu’elle t’aime
Même si elle n’est pas venue
Ni même fait déposer
Un bouquet de chrysanthèmes
Sur la pierre inventée
Dont on ne se souvient plus
Faut pas lui en vouloir
Ni même la juger
Quand on rime au hasard
Il faut bien jeter les dés
Les recouvrir de fard
Fermer les paupières
Surtout bien l’enterrer
Si ça n’aide pas la misère
Faut bien l’abandonner
L’on n’est pas père
Comme l’on naît mère
Et surtout en été
Sur l’autel d’un serment
Qu’on n’a jamais prêté
Ca sert à quoi de pleurer
Une idée, un enfant
Si ce n’est de prouver
Qu’on arrache bien les ailes des fées
http://lettresdurien.blogspot.com/2007/09/on-arrache-bien-les-ailes-des-fes.html
Et si on oubliait l'été
Un bourgeon qui s'efface
Sur la trace d'une illusion
Une maison pleine de strass
Et la glace de nos raisons
Il n'y a plus de trace
Ni même de saison
De jonquille sur ta place
Pour lasser l'effusion
Qu'importe que j'emplisse
Alors tes alluvions
que je te pousse un lys
En mal d'émotion
Si les morts s'entassent
Au rythme de ces rêves
Qu'aux beaux jours on enlace
Que la nuit nous enlève
Y des fois un peu trop de lumière
Qu'on pourrait se croire l'été
Alors si fois l'on pouvait se refaire
Se défaire des étoiles pleurées
Les sourires d'hier
Qu'on croyait envolés
Reviendront sur nos terres
En nos yeux déposés
http://lettresdurien.blogspot.com/2007/08/et-si-on-oubliait-lt.html
Et je n'oublierai jamais ce que je ne t'ai pas dit... C'est sûrement un adieu plus qu'un revoir... J'ai passé tant de nuits à me laisser hanter par ce qu'il restait, parce que t'avais fait du bruit, par ici... Je ne sais toujours pas pourquoi, tout ceci... Je ne sais toujours pas comment je ne te déteste pas, malgré cette amertume qui s'accroche à ma langue, à ma plume...
Qu'importe l'avenir, qu'importe si je ne te revois plus jamais. C'est que j'aurais aimé que l'histoire s'écrive autrement. Que j'aurais aimé qu'on ait eu le temps d'apprendre à être un tout petit peu grands... Mais faut croire... Faut... Je ne sais pas... Il n'y a pas de fatalité que des gens en déroute, que des routes et pas de plan...
Je n'oublierai jamais ce que tu ne m'a pas donné, ce que je n'ai pas su t'offrir... Qu'importe si l'on ne sait toujours pas quoi, aujourd'hui... Peut-être un peu... Quand même... Des fois...
Ce soir, j'écris parce que je suis à la croisée des chemins, piégé dans mes impasses... Impair ou passe... Je n'oublierai jamais ce que je ne t'ai pas dit... Mes mots n'y auraient pas suffi et mes idées ne seront jamais d'ici...
Car il y d'autres gens, d'autres opportunités sur lesquelles trébucher... Je regarde de nouveau cette photo comme le tableau d'un futur que je passe mon temps à regretter... De l'autre côté du miroir, c'est une autre histoire et le même trottoir où l'on se prend les pieds... C'est pas la même impasse, mais la même résignation pleine d'espoir et de guerre lasse....
Je regarde l'image... Elle a du vent dans ses cheveux et ce sourire qu'elle accroche aux lèvres de ses têtes blondes... C'est sûr... Elle a dû faire un voeu.
3 juillet, une heure du matin...
On n'en sait rien
Comme un soleil qui se lève trop tôt,
Comme les cordes d'une guitare
Qui s'emmêleraient à nos pinceau ;
C'est l'air vif du grand large
Qu'accroche du sel à nos hublots,
Comme un marin avec sa barge
Prendrait la mer dans son rafiot ;
C'est comme ça tous les matins ;
Ca sent l'été quand vient le soir ;
N'en reste rien, c'est du grand art,
Quand vient la brume où trainent les chiens
Ca sonne un peu comme ces chagrins
Qui s'en retournent au coin du feu,
Toutes ces rimes qui ne riment à rien,
Comme cette chanson de nous deux ;
Face au soleil qui ne sert à rien,
A cette nuit qui ne sert qu'à boire,
On dessinera sur le velin,
Derrière le trait, juste pour voir,
Des points de couleurs, même au fusain,
Ca ne servira peut-être à rien,
Ca rallumera peut-être l'espoir...
Et peut-être bien que demain sur le fil de nos voeux
On pourra tendre les mains au ciel
Peut-être même nos yeux
Si les chambres n'ont de fenêtre
C'est l'envie d'un ailleurs
Qui se laisse disparaître
Si les loups, les cohortes
Si les morsures cessent d'être
C'est tes yeux enjôleurs
Aux miens qui s'empêtrent
Si les mains les câlins
Et nos fleurs un peu mortes
C'est que notre soleil incertain
Au crépuscule s'emporte
Il n'y a qu'une douceur qu'on avorte
Quand cette heure tardive
Vient frapper à notre porte
Pour raviver une mer un peu trop forte
Et c'est la route qui s'impasse
Qui regarde ses cartes et passe
Elle croit aux carrefours
Et qu'elle n'a plus de place
Si tes lucarnes sont mouillées
Si nos dés sont pipés
C'est l'opportunité qui trépasse
Et cet espoir de grand soir
Qui se lasse
Parce que
Ne tombera plus rien
Plus d'illusions niaises
Plus de réveils câlins
Parce que nos paupières
Ne se refermeront plus
Sur la promesse mystère
Qui n'éclaire que confus
Parce qu'à nos mains griffées
Du rose couleur déçue
C'est le bleu étalé
Qui nuancent nos culs
Parc'que la vie de si
Est morte un beau matin
Elle se croyait ici
Elle se rêvait demain
Et noyée de whisky
Peinturlurée d'vodka
Elle a crevé l'envie
Et ranimé les rats
Les anges suicidées
Ont sauté d'ici bas
Leurs ailes envolées
Leur ont brisé leurs bras
Les cigognes trop tôt
Auront raison des rêves
D'une maison de mots
D'une idée qui se lève
La mort à l'estomac
D'une poupée qui crève
Son vagin débarras
Du mensonge à ses lèvres
A ces instants fragiles.....
Au clavier dont on effleure les touches
Aux larmes qui affleurent avant qu'elle ne se couche
Cette lumière, cette étoile que tu noies
A coups de prières, à coups de caramel-vodka,
A ces instants fragiles qui lorgnent à l'horizon
De tes mains agiles... Qui ne touchent jamais rien
Ce sont les étoiles dans tes yeux prisons
Qui crient dans le néant... la lueur de demain...
Des deux mains... nouées... enlacées... Comme de rien
Quand à tes mots sans glace...
C'est la mélancolie tristesse qui m'embrasse...
Doit-on dire les mots que l'on sait que trop bien...
Sur la frontière dont on ne doit jamais
Franchir le pas
A toutes ces guerres que nous ne nous ferons pas...
C'est la nuit, la distance qui nous font vrais...
Au clavier, que l'on joue
Comme si c'était un piano...
On se doit à nos envies, d'être fous
De pousser plus loin, d'aller au bout
De faire comme il fallait, comme il faut....
Je ne dirai pas ce que le vent ramène
Dans le tourbillon qui l'enseigne
L'alcool est de saison
Quand elle paraît si loin, cette maison
Et je fermerai tes paupières
J'éteindrai la flamme de tes yeux
Pour qu'elle brûle à ton enfer
Qui te rime bien mieux


