Dimanche 20 mai 2007

Quand tu recevras cette lettre, il sera peut-être trop tard. Tu seras sûrement déjà sur le départ. Je ne connais pas ta destination mais je voulais juste te dire que je t’attendrai à la gare. Je sais que ce n’est pas honnête de t’envoyer cette missive, que j’use certainement ma salive puisque je n’ai jamais été dans ton regard.

Mais je t’écris quand même ces mots, parce que je ne crois pas au destin, seulement au hasard. Je sais que ça fait un peu bazar, un peu bizarre mais je ne sais pas faire. J’aurais pu t’appeler, te laisser un message. Mais peut-être que cette lettre, je ne voulais pas qu’elle te parvienne. Je sais que les lignes de ta main ne rejoignent pas les miennes. Nos corps se sont bien enlacés, ce n’est pas le problème. Ca n’avait rien d’un rêve. Ca n’avait rien d’un échouage. Juste que les rivages ne s’ensablaient pas de la même plage.

Quand tu recevras cette lettre, il sera trop tard. T’auras les yeux tournés vers ton ciel et pas de temps, pour t’y jeter du sel. Tu es sûrement déjà sur le quai ou dans la voiture à attendre le départ. Tu regardes les gens qui se disent « au revoir » avec ce pincement au cœur, cette impression d’avoir oublié quelque chose, de ne pas avoir tout fait. C’est pour ça, que je te file ces mots que tu ne liras jamais. Je vais la poster sans y mettre d’adresse, juste un peu de tendresse. Elle fera peut-être le tour de la terre avant d’atterrir quelque part et qui sait, si dans ce rêve improbable ces mots sans espoir.

Je n’ai pas envie de demain. Je n’ai pas envie que ça s’arrête. Je vais simplement rebrousser chemin et garder dans ma main la sensation de la tienne. Je vais me repasser tes rires, je vais me repasser tes délires. Je l’ai trop aimé ce film. Je ne veux plus rien. Juste me souvenir.


http://lettresdurien.blogspot.com/2007/05/juste-me-souvenir.html
par Tilou8897 publié dans : Nouvelles
Vendredi 18 mai 2007
On a rêvé que ça pouvait...
On a caressé la rive
sans même apercevoir le bord
On s'est échoué encore et
encore sur ce même verre
et l'on avait la paume ouverte,
On l'a dessinée lassive
levée au ciel de l'attente
Demi-pointe sur la jetée
mais elle n'a pris que le vent

En sons chavirés
Sussurés
Sur les esquifs fragiles
On l'a emmenée
Voir la mer
Elle nous a noyé
comme une vague à l'envers

On rêve encore
Mais dans l'alcool du passé
On crève nos corps
On ne fait que ramer
Ramer et aimer l'amer

On avait des idées
sans parier sur demain
Des rires mal sanglés
au creux de nos mains
Mais l'on est seul à l'océan
On ne voit plus la terre
Que la folie du liquide
et l'averse de son vide

Et l’on sait bien que le temps est assassin
Que les grillages n’ont pas d’ampoules
Que les nuages sont enfantins
Qu’on aime s’évanouir dans la houle

Et l’on sait bien que le vent n’en rime de rien
Que toutes les plages ont la marée étale
Que les adages sont noués à nos mains
Que nos âmes s’y glissent en pétales

On gardera nos persiennes d'hier
face à face, grandes fermés
Pour conduire nos nouvelles guerres
Et pourrir les voiles des fées
De bateaux qui n'ont jamais pris la mer


Tilou
* avec la participation de keep me (merci) *

http://lettresdurien.blogspot.com/2007/05/on-le-sait-bien-pourtant.html
Jeudi 17 mai 2007


Quand les vagues s'emplissent
De cette mer un peu trop pâle
Quand le vent s'essouffle
Sur la terre qui l'empale

Quand l'été en pente douce
Rayonnait d'une nuit plein d'étoiles
Quand les heures attardées
Enflaient de vices toutes les voiles

C'est l'espace de la mer à la voûte
Quand le navire quitte le port
Qu'il n'y a plus rien dans ses soûtes
Qu'il ne reste plus que des doutes

Quand les mains n'ont plus d'or
Qu'elles sont mouillées de sable
Qu'elles n'enfantent plus le diable
Que le sud ne trouve plus le nord

C'est la pluie qui revient
Un peu plus fort
Avec cette goutte de rien
Pour déborder la plage

...


On fera l'amour demain
Parce qu'aujourd'hui
Bah je n'en sais rien
Ce n'est pas ça que tu m'as dit ?

On fera l'amour demain
Parce qu'hier C'était lundi
Mais tu sais bien
Bah dimanche, on ne fait rien

On fera l'amour demain
Parce que deux mains
Valent qu'une aujourd'hui
Parce qu'hier je t'ai tout dit

On fera l'amour demain
Peut-être que oui
Mais bon je t'ai pas dit
Demain je ne serai plus rien

Fermer la porte
Tomber le rideau
De l'irréel,
Du réel
Du virtuel
J'ai du sel dans mes eaux-fortes
Demain sûrement qu'il te fera beau

Mais voilà
Moi je ne connais qu'aujourd'hui
De tout instant
Même le plus petit

On fera l'amour demain
Mais nous
Nous ne ferons rien

(Lettres du Rien)

Mardi 15 mai 2007
Et pourtant, j’essaie. J’essaie de retrouver ce petit truc que j’avais avant. Ce petit truc qui faisait que tu m’aimais un peu, que tu m’aimais tant. C’est difficile d’expliquer pourquoi on a paumé la formule, pourquoi on ne sait plus faire comme avant. C’est difficile de te dire que je n’y pense plus alors que ce n’est pas vrai. Je n’ai jamais su mentir, tu le sais bien pourtant.

Alors, je veux bien comprendre que tu ne veuilles pas tant que je reste là. Comme ça. Je l’entends bien… Mais tu vois, je ne sais pas comment. Moi qui trouve des solutions tout le temps, pour tout le monde, moi qui fais que toutes ces choses si compliquées tournent même si on ne les comprends pas vraiment… Je ne sais pas. J’ai beau tourné et retourné les choses dans tous les sens…. Rien n’en a. Je ne sais plus comment regarder. Je ne sais plus te toucher. Je ne sais plus te respirer. Je ne sais plus te le dire pour te faire succomber.

Et pourtant. Je sais que tout est là… Je sais que ton cœur frémit encore. Je sais que mes mots résonnent encore dans le creux de ton oreille. Je sais. Je le sens. Comme je sens cette résistance. Comme je sens cette peur.

Tu connais cette folie. Tu la soupçonnais. Tu l’as vue sur écran géant. Tu sais que je ne reculerai pas. Jamais. Tu sais que je préfère pousser l’absurde… Que renoncer. Qu’aller mieux et oublier. Tu sais que c’est ma raison de vivre.

Et pourtant. C’est le silence qui gagne. C’est le rien qui m’emporte. C’est la chute qui continue de creuser l’altitude. Tu sais. Mais tu préfères que je fasse. C’est tellement difficile de donner. De s’engager dans une voie dont on ne connaît rien. Ni d’où elle vient, ni où elle va. Mais de s’engager quand même pour voir.

C’est la maladie de ce monde.

"Faut les assurances sinon je n’y vais pas. Faut que tu me guides, sinon je renonce. Et si je fais n’importe quoi, ce n’est pas ma faute… Regarde… J’ai souffert : je me suis cassé un ongle."

http://lettresdurien.blogspot.com/2007/05/je-me-suis-cass-un-ongle.html
Lundi 14 mai 2007
J'avais encore
Des oiseaux dans la tête
Des papillons technicolors
Dans le fond de mes mirettes

J'avais encore
Des fleurs dans les mains
De l'herbe verte dans les cheveux
Un peu de sable sur mes paupières.

J’avais encore
L’envie de prendre dans mes bras
Cette libellule,
De faire des bulles
Pour qu’elle sourit
Pour qu’elle rit jusqu’aux éclats

J’avais encore
Ce regard flou
Celui qui prend le large
Qui va pas droit
Celui qui songe et rêve tout bas

J’avais encore
Ces mots
Un peu gentils
Un peu débiles

J’avais encore
Mes prunes circonflexes
Mes sons qui bégaient

J’avais encore
Ces rivières
Qu’on croit laisser au port
Et qui s’accrochent à la mer

J’avais tout ça
Au fond de mes poches
Sans sommeil
Dans ce rêve de mioche

http://lettresdurien.blogspot.com/2007/05/javais-encore-repost.html
Jeudi 10 mai 2007

Je n'ai peut-être pas trouvé les mots mais en même temps, je regarde les photos. J'ai peut-être cru que c'était beau et en même temps je regarde les photos. Je suis parti peut-être un peu trop tôt mais chez moi, c'était gris et dehors il faisait beau. J'ai peut-être entendu certains de tes maux et chez toi, c'était plus en vie et dehors il faisait chaud.

Je ne trouverai peut-être jamais les mots pour que tu comprennes que c'était beau, que c'était pas truqué de mots, que c'était pas truffé de maux... Que pour toi, en moi, il faisait beau.

Quand je te voyais gambader toute nue dans l'appartement, quand tu grelotais l'air d'un chat mouillé quand l'eau par mégarde était froide... Quand tu revenais t'encanailler dix minutes avant de reprendre le boulot...

Alors tu vois... C'est pour tout ça... Tous nos mots échangés... Tous nos maux enlacés... C'est pour ça que c'était beau...

Ça s'appelait "partager"... Mais t'as sûrement perdu le mot.

http://lettresdurien.blogspot.com/2007/05/sappelait-partager.html
Mercredi 9 mai 2007

Ici


Ici on ne rime plus de mots
On ne danse plus le tango
On enlise on sable les châteaux
On cultive les plus beaux râteaux

Ici on a oublié les là-bas
On s'enlace plus de ses bras
On a coulé du plomb à nos pieds
Et puis nos têtes oh... alouette

Ici on a viré toutes les fées
On a fermé toutes les portes
Elles font le trottoir sans papier
Et le vent qui saigne les emporte

Ici le rideau a fait tomber
Les planches, les lumières, la scène
Y a plus de poète au bord de la seine
Les comédiens d'alcool ont sombré

Ici on n'a plus les yeux à ce ciel
On l'a ravagé de soleil
On se conjugue plus au pluriel
On a encollé de miel les abeilles

Ici on s'invente des chansons
Qu'on a écrites sur l'hier
Qu'on ritournelle aux grands fonds
Aux bateaux qui prennent plus la mer

Ici on ne rime plus de mots
On ne danse plus le tango
On enlise on sable les châteaux

On regarde seulement
s'envoler les oiseaux

http://lettresdurien.blogspot.com/2007/05/ici.html
Mardi 8 mai 2007

Comme musique, le bruissement perpétuel
De la soie froissée
Et des dentelles à tes cils

...indicible...

Sur l'épaule nue, une bretelle
Qui se laisse glisser...


Chute mélodique, renversement continuel
De ta lune de papier
De ces ficelles futiles

...effilées ...

Sur la grève de tes prunes
Qui se laissent dresser...


et tu la découvres comme l'orage se retire
en effleurements, sur un ballet soupirs...

comme les voiles affleurent ta mer
comme ce souffle enlève l'amer


à l'horizon... le vent se lève
et fait l'amour à tes lèvres


Et je te colle aux murs
A toute allure au ras du sol
Et je te vole tes ratures
A mes fissures leur bémol

Et je t'invente mille sons
A l'émotion de ton antre
Et je t'intente des frissons
Aux passions qui t'éventrent


...


Et nos draps se meurent...
nuages
sous nos ciels
L'océan s'en retourne...
sage
sur le parterre de nos plages



Mardi 8 mai 2007

Il me revient de loin, ce soir,

Le petit caillou d'enfance
Jeté si haut dans notre ciel,
Lancé si bien qu'il me fait mal;

Comme un papillon dans une toile,
Je suis prise à ton double vitrage
Qui ne sait que claquer ma vie,
Las, oui là, juste où tu bats ;

Je ne fais plus marcher
Les crabes de travers,
Je ne vais plus dans les rochers
Chatouiller les bigorneaux ;

J'ai ce caillou qui me fait mal
Il a mis en poussières
Tous nos châteaux de sable
Mais toi t'en rappelles-tu ?

Je n'ai plus que deux mains
pour réapprendre à jouer
Et poser à côté du piano
ma compo à quatre tempo

Ils me reviennent de loin,
Ces coquillages clandestins
Où l'on entendait la mer,
Où l'on imaginait ses rivages ;

J'ai traversé tes rues désertes
Croyant y trouver la source,
Mais elles n'étaient que bruines,
Mais elles n'étaient que ruines...

J'ai regardé à travers les nuages
Mais j'les vois plus
Ces foutues images,
Ce petit caillou dans notre ciel ;

Du sable dans les yeux,
Du sel dans le coeur,
Les veines au sale goût d'un voeu,
Et cette tasse qui ne noie pas la peur...

Je m'enlise pas à pas sur nos rêves incertains,
Ceux qu'on se faisait en ce tenant la main,
Ceux qu'on se disait les yeux fermés,
Au bruit du sable sous nos godasses mouillées.

Mardi 8 mai 2007

A l'orée du matin
L'enfant regarde la mer
Et les murs de béton

La marée monte de lumière
Sous ses yeux de gamin
Les nuages s'en vont
Arrachant les étoiles du fond

On dirait qu'il va faire clair
peut-être à l'horizon

Sous la lune lasse
Les rêves de se débattre

D'une main, il ramasse
Les bouts de plâtre
Tombés de ces murs sans teint
De ses parpaing tout moches
De cette nuit sans fond
Ils glissent dans sa poche
Comme des bonbons

"Ca sera pour demain matin"

Le jour se lève, le jour prochain
L'âme discrète, l'esprit pudique
S'offre en toute franchise
À l'enfant du nord, des banquises
Petit bonhomme au coeur céramique
Du froid polaire à la tiédeur de la mer
Les bonbons s'empilent dans son placard
À consommer quand il aura le cafard
Et il espère...

L'enfant fondation en bois
Qu'on vienne, qu'on vienne y mettre feu
On dirait qu'il va faire clair
Peut être à l'horizon
Peu à peu, les fossés se détruisent
À l'orée du matin, l'enfant regarde au loin


-Nullepart & Tilou -
Avril 2007
http://lettresdurien.blogspot.com/2007/04/esquisse-dune-douceur-chimrique.html

Newsletter

Inscription à la newsletter
créer son blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus