Car il y d'autres gens, d'autres opportunités sur lesquelles trébucher... Je regarde de nouveau cette photo comme le tableau d'un futur que je passe mon temps à regretter... De l'autre côté du miroir, c'est une autre histoire et le même trottoir où l'on se prend les pieds... C'est pas la même impasse, mais la même résignation pleine d'espoir et de guerre lasse....
Je regarde l'image... Elle a du vent dans ses cheveux et ce sourire qu'elle accroche aux lèvres de ses têtes blondes... C'est sûr... Elle a dû faire un voeu.
3 juillet, une heure du matin...
On n'en sait rien
Comme un soleil qui se lève trop tôt,
Comme les cordes d'une guitare
Qui s'emmêleraient à nos pinceau ;
C'est l'air vif du grand large
Qu'accroche du sel à nos hublots,
Comme un marin avec sa barge
Prendrait la mer dans son rafiot ;
C'est comme ça tous les matins ;
Ca sent l'été quand vient le soir ;
N'en reste rien, c'est du grand art,
Quand vient la brume où trainent les chiens
Ca sonne un peu comme ces chagrins
Qui s'en retournent au coin du feu,
Toutes ces rimes qui ne riment à rien,
Comme cette chanson de nous deux ;
Face au soleil qui ne sert à rien,
A cette nuit qui ne sert qu'à boire,
On dessinera sur le velin,
Derrière le trait, juste pour voir,
Des points de couleurs, même au fusain,
Ca ne servira peut-être à rien,
Ca rallumera peut-être l'espoir...
Et peut-être bien que demain sur le fil de nos voeux
On pourra tendre les mains au ciel
Peut-être même nos yeux
Si les chambres n'ont de fenêtre
C'est l'envie d'un ailleurs
Qui se laisse disparaître
Si les loups, les cohortes
Si les morsures cessent d'être
C'est tes yeux enjôleurs
Aux miens qui s'empêtrent
Si les mains les câlins
Et nos fleurs un peu mortes
C'est que notre soleil incertain
Au crépuscule s'emporte
Il n'y a qu'une douceur qu'on avorte
Quand cette heure tardive
Vient frapper à notre porte
Pour raviver une mer un peu trop forte
Et c'est la route qui s'impasse
Qui regarde ses cartes et passe
Elle croit aux carrefours
Et qu'elle n'a plus de place
Si tes lucarnes sont mouillées
Si nos dés sont pipés
C'est l'opportunité qui trépasse
Et cet espoir de grand soir
Qui se lasse


