Vendredi 30 mars 2007
Com' des gamins
Dans le jardin
On joue, on pleure
On polissonne
On s'abandonne
Pendant des heures
A ce présent
En futur simple
Ca s'rait si simple
De se rimer
En deux trois mots
Et t'enlever
Tes deux trois peaux
D'm'emprisonner
Au fond de toi
Fermer les yeux
Tenir ce La
Rêver tes yeux
Dans les étoiles
Au fond d'tes prunes
Tout' l'infortune
De cette toile
Que tu dessines
Quand tu te cambres
Oublie décembre
Oublie le froid
Et redessine
Ta ligne à toi
Tout doucement
Doux frôlement
Envoûte-moi
De ton odeur
Je glisserai
Je te suivrai
Sur cette courbe
Qui m'ensorcelle
Et qui m'embourbe
Qui me dit "Ciel !"
Dans cet ultime
Dans ce sublime

Ferme les yeux
Baisse la voix
Dans nos sourires
Et dans nos rires
Bien étouffés
Je te dirai
En murmuré

T'sais les voisins
Sont pas sympas
Un peu crétins
La zik de toi
Z'aiment p'têt pas
Vendredi 30 mars 2007

Un jour j'ai vu une gosse qui marchait sur la plage,
Les cheveux ébouriffés, les yeux pas sages ;
Elle souriait quand elle regardait la mer ;
Elle se taisait quand elle regardait la terre ;

Elle s'est assise elle a taillé des châteaux dans le sable ;
Elle avait du sel sur ses paupières,
Tendre souvenir de ses baignades d'hier ;
Elle avait ça dans ses mains, dans ses châteaux de sable ;

Elle est restée là, à attendre la marée,
A croire que la mer allait l'emporter ;
Et dans les grains s'est enlisé son ciel,
Il a coulé en sombre royaume artificiel ;

Elle est restée là, s'est laissée noyée,
Dans l'eau salée qui lui piquait les yeux ;
Elle n'a plus dit un mot, juste dessiné
Du bout des doigts son voeu et ses aveux ;

Un jour, je suis resté là, à la regarder,
A dessiner un brouillon de rivage,
A esquisser une espèce de nuage ;
Je lui ai crayonné de nouvelles ailes,
Pour qu'elle puisse à nouveau s'envoler,
Mettre du cent watt
sous son arc-en-ciel,
Glisser de la ouate
sous son oreiller ;

Oui, j'ai gribouillé tout ça,
Une bafouille de presque rien
que je voudrais emmener avec moi ;

Elle est...
Elle est une rime
Qui vous arrime
Elle est une poésie
Qui vous enfle d'envie
Elle est un courant d'air
Une brume de mer

Elle est
Tout simplement

Elle est la lune
Derrière son grillage
Elle est la dune
avant d'atteindre sa plage
Elle est le sable
Quand sa nuit tombe

Elle est
Tout simplement

Elle est celle
qui prend les oiseaux en photos
qui se balade sur le rivage
ses cheveux en pagaille
au vent marin qui l'encanaille
de bien

Elle est deux mots
qu'on voudrait faire siens

Elle est

Un jour, la gosse se retournera sur sa plage,
Elle regardera la terre, lui sourira,
Et d'un oeil espiègle jeté à la mer,
Elle se lèvera, elle foulera le rivage,
Elle marchera sur les nuages,
Et laissera la marée fondre ses châteaux de sable...

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