Vendredi 18 mai 2007
On a rêvé que ça pouvait...
On a caressé la rive
sans même apercevoir le bord
On s'est échoué encore et
encore sur ce même verre
et l'on avait la paume ouverte,
On l'a dessinée lassive
levée au ciel de l'attente
Demi-pointe sur la jetée
mais elle n'a pris que le vent

En sons chavirés
Sussurés
Sur les esquifs fragiles
On l'a emmenée
Voir la mer
Elle nous a noyé
comme une vague à l'envers

On rêve encore
Mais dans l'alcool du passé
On crève nos corps
On ne fait que ramer
Ramer et aimer l'amer

On avait des idées
sans parier sur demain
Des rires mal sanglés
au creux de nos mains
Mais l'on est seul à l'océan
On ne voit plus la terre
Que la folie du liquide
et l'averse de son vide

Et l’on sait bien que le temps est assassin
Que les grillages n’ont pas d’ampoules
Que les nuages sont enfantins
Qu’on aime s’évanouir dans la houle

Et l’on sait bien que le vent n’en rime de rien
Que toutes les plages ont la marée étale
Que les adages sont noués à nos mains
Que nos âmes s’y glissent en pétales

On gardera nos persiennes d'hier
face à face, grandes fermés
Pour conduire nos nouvelles guerres
Et pourrir les voiles des fées
De bateaux qui n'ont jamais pris la mer


Tilou
* avec la participation de keep me (merci) *

http://lettresdurien.blogspot.com/2007/05/on-le-sait-bien-pourtant.html
par Tilou8897 publié dans : Mélange de stylos
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